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Autant vous
prévenir : si vous souhaitez apprendre la salsa pour danser sur Buena
Vista Social Club, Elvis Crespo ou Ray Barreto
il faudra reconsidérer votre
position…
Pour danser sur Buena Vista Social Club, il faut
apprendre à danser le « son ».
Et pour danser sur Elvis Crespo, il faut
apprendre à danser le « merengue ».
Enfin, la plupart des morceaux de Ray Barreto ne
sont pas réellement dansables…
Mais alors, ces artistes ne font pas de la « salsa » ? Et dans ce
cas,
c’est quoi comme musique, la salsa ? Quelle est la définition exacte
?
En fait, il n’y a pas une définition du mot « salsa » qui soit la
seule,
l’unique et la bonne. Plusieurs définitions du mot se cotoient: la
salsa est une
musique vivante, en constante évolution. Je vais d'abord donner les
deux
définitions les plus couramment employées, puis citer les réponses
données par
quelques experts quand on leur demande "Qu'est-ce que la salsa?".
La salsa au sens large
C’est une définition qui a été lançée par les maisons de disque,
pour désigner les musiques traditionnelles
cubaines et toutes les musiques
influençées par elles. Chez
la plupart des
disquaires et billeteries, on trouve bien le son (ex : Buena
Vista Social Club),
le merengue (ex : Elvis Crespo) et le latin jazz (ex :
Ray Barreto)
dans la rubrique "Salsa" - ainsi que des cha-cha, rumba, etc...
Pourtant - ô contradiction - on peut difficilement danser la danse
salsa dessus.
Evidemment, la salsa au sens large englobe d’autres artistes que ceux
ci-dessus : se reporter à la définition de la salsa au sens strict !
C’est cette définition-ci qui est la plus répandue auprès du grand
public.
Mais attention : même si cette définition est très large,
elle
n’englobe PAS la samba (brésilienne), le zouk (antillais), le tango
(argentin) et la
pop latino comme Ricky Martin ou Gloria Estefan (très
occidentalisée).
La salsa au sens strict
C’est cette définition qui est utilisée par les danseurs et les
mélomanes adeptes
de salsa. Elle distingue la salsa du son, du merengue, du cha-cha ou
du boléro par
exemple. Cette distinction repose essentiellement sur une
écriture, une orchestration et une structure rythmique spécifique
à
chacun de ces types de morceaux.
Concrètement, il reste quoi alors ? Citons quelques artistes
célèbres qui font
incontestablement de la salsa (au sens strict) : Célia
Cruz, Oscar D’Leon, Los Van Van, Grupo
Niche, Yuri Buenaventura, Victor Manuelle.
Mais attention : même s’ils font de la salsa, ces artistes ne
font pas
forcément QUE de la salsa (au sens strict). Célia Cruz a aussi
chanté des cha-cha par
exemple. Et vice versa, Elvis Crespo chante
essentiellement des merengues, mais il a aussi chanté une ou deux
salsas.
En fait, la salsa au sens large, c’est
un ensemble de
musiques ayant subis des influences communes, tandis que la salsa au
sens strict,
c’est un type de morceau de musique.
Et évidemment, au sein de la salsa, il existe plusiseurs courants
différents :
– la salsa classique, ou « pura y dura » (ex : Célia
Cruz,Oscar D’Leon)
– la salsa cubaine, ou « timba » (ex : Los Van Van)
– la salsa colombienne (ex : Grupo Niche,
Yuri Buenaventura)
– la salsa romantica (ex : Victor
Manuelle)
– le mambo, qui occupe une place un peu à part (ex :
Tito Puente).
Remarquons qu’ici, les termes « cubain » et « colombien » ne
font pas référence au pays dont l’artiste est originaire, mais à un
courant
musical.
Tous ces courants, dont les morceaux peuvent avoir des sonorités
très différentes, ont
en commun une structure rythmique identique, qui permet de danser la
danse salsa dessus.
C.
R.
Paris, mars 2001 |